La snyder cut, ou la force des réseaux sociaux

Twitter est en feu, le #RestoreTheSnyderVerse est en TT depuis des semaines, lançant une guerre entre la Warner et les fans sur les réseaux sociaux. Les mêmes réseaux sociaux qui, il y a environ 5 ans avaient tout fait pour détruire Zack Snyder. Comme on dit souvent, la roue finit toujours par tourner.

Zack le sauveur du DCU

En 2013 sort Man of Steel, une version de Superman modernisée. Un film produit par le vénéré Christopher Nolan qui voulait donner un souffle réaliste à un Superman qui a vraiment prit du plomb dans l’aile avec la sortie de Superman Returns.  DC, qui était pourtant largement plus présent au cinéma que son concourant de toujours Marvel, voit son frère ennemi commencer à exploser au cinéma avec son MCU, qui a commencé en 2008 avec Iron Man.  En voyant cela, Warner pense qu’il faut suivre le choix de Nolan et décide de lui laisser carte blanche pour produire son film. Nolan décide après un repas au restaurant avec le couple Snyder, de refiler la réalisation de son Superman à Zack, un réalisateur connu pour sa réalisation magnifique, où chaque plan est une œuvre d’art à part entière. Un réalisateur un peu extrême dans ses choix de réalisations, comme des mimiques et des ralentis parfois trop présents. Que l’on accroche ou pas à son style, Zack Snyder ne laisse pas indifférent. 


Pour autant son Man of Steel a bien marché et Warner avec sa logique financière de vouloir faire de l’argent rapidement quitte à faire des mauvais choix, va commencer sa série d’erreurs stupides.

Zack l’homme à abattre

En 2016 sort Batman V Superman, un film sensé concurrencé Civil War, le combat de super héros de Marvel. Le marketing complètement foireux de Warner essaye de faire passer le film pour ce qu’il est pas, un combat entre les deux supers héros.  Et bien sûr comme Warner, incapable de laisser faire ses artistes, décide de charcuter le montage du film pour le rendre plus court. Le film se retrouve donc amputer d’une partie de ses scènes pourtant nécessaire à la compréhension de l’histoire. Et comme si ça ne suffisait pas, les scènes sont parfois montées différemment pour augmenter le rythme, quitte à perdre en cohérence. 


Le film rapporte beaucoup mais pas suffisamment. De plus le film se fait démonter sur les réseaux sociaux.  Commence alors le Snyder bashing. Snyder est une merde, son film est minable, monté avec les pieds et les choix sont trop extrêmes.  Pourtant son seul véritable gros défaut, c’est le montage charcuté par la warner. Pour autant le public n’est pas prêt au choix plutôt audacieux de BvS. La faute au style Marvel, des films divertissants mais sans personnalités, avec des incohérences étouffées par des blagues  et des enjeux inexistants. Vous comprenez bien qu’un film comme Batman V superman, noir, violent, avec aucun humour, des personnages extrêmes et une réalisation magnifique mais moins grand public, de suite, les hyènes se régalent.


Warner n’est pas content alors que la plupart des problèmes viennent d’eux : défoncer le montage du film et le vendre comme un combat de titan pour faire plaisir au fan de Marvel  (sans oublier de bien spolier dans les bandes annonces). Batman V Superman prenait des risque pour proposer une œuvre noire et mature, mais Twitter et sa minorité bruyante est capable de tout détruire. Le film est une merde, c’est twitter qui l’a dit et fais gaffe si tu oses dire le contraire.

Zack, le hasard fait mal les choses

Zack a une vision et pense pouvoir la réaliser. Mais les critiques sur les réseaux sociaux ont eu raison du DCU, Warner va continuer ces mauvais choix. Zack voulait faire un Justice League épique mais noir avec des nouveaux personnages travaillés et profonds. Malheureusement un malheur va le frapper. Sa fille Autumn se suicide. Forcement le réalisateur doit arrêter son tournage. Alors que lui et sa femme (productrice des films) sont en plein deuil, Warner va avoir sa pire idée, donner les rênes du film au réalisateur Joss Whedon.


DC est aux anges, le réalisateur qui a tout explosé et donné la marche à suivre à Marvel avec son surestimé Avengers a comme mission de Marveliser Justice League. Après une série de Reshoot et de montage massacré, le film sort dans l’indifférence la plus totale, plus personne n’a rien à faire de ce Justice League. Surtout que la presse a bien joué son rôle en partageant la bonne parole de Twitter sur ces articles, trop content de participer au bashing sans faire le moindre effort.


Pour faire simple, Whedon a violé Justice League. Histoire massacrée et sans saveur, blague Marvel hors sujet, personnages inexistants, réal sans intérêt, musique passe partout, le film est raté (même si pas complètement insupportable). Warner a réussi son pari, tuer les licences DC en expliquant qu’au final, ce n’est pas ce que les gens voulaient voir, alors que c’est leurs choix débiles qui ont rendu Justice League dans cet état, mais bien sûr il est plus facile de laisser Snyder porter le chapeau.

L’histoire de la moustache à 25 millions

Zack, la roue finit toujours pas tourner

Le succès énormissime d’Aquaman fait dire à Warner qu’ils avaient fait le bon choix. Pourtant  le film, à part quelques blagues plutôt sympathiques, ne respecte pas vraiment la charte Marvel. De vrais enjeux, un vrai méchant, une variété dans le style et les ambiances, et surtout la réalisation folle de James Wan, bien loin d’une réalisation scolaire et sans saveur de chez Marvel. Pourtant les autres films se plantent aux box office, surtout le film également massacré par la Warner, Suicide Squad. C’est un fait, Marvel a gagné la guerre commerciale (mais surtout pas artistique) des super héros. Le coup de massue est donné par les deux derniers Avengers, dont le dernier épisode (pourtant bien moins bon que l’épisode précèdent) devient le plus gros succès de l’histoire du cinéma. Pour autant, alors que plus personne n’avait rien à faire de DC, la roue finit par tourner.


Revenons quelques années en arrière. Alors que nous parlions du bashing autour de Snyder et de son Batman V Superman, des voix commencent à se faire entendre, les gens qui ont aimés le film.  Et ce nombre de Fan augmente considérablement quand sort la version longue de BvS.
La hype commence alors sur les réseaux sociaux, pourtant responsable de la situation. On peut enfin voir la véritable vision de Snyder. Le film est toujours aussi noir et extrème, parlant même de politique et de media. Mais le montage de 3 heures permet de respirer enfin, de comprendre l’évolution de chaque personnage, le tout dans un montage clair et fluide. Les retours sont très positifs : « Batman V Superman est un film adulte avec une réalisation travaillée, et qui, s’il ne fait pas mouche chez tout le monde, prend des risques ».  Le public commence enfin à comprendre que le problème ne venait pas de Snyder, mais de la Warner.


Les fans d’origines, plutôt discrets lors du bashing commencent à être en position de force. Les réseaux s’enflamment, Snyder a une vision que le public commence enfin à comprendre. Surtout que le bruit d’une version totalement différente de Justice League commence vraiment à s’entendre. Devant la levé de bouclier de la Warner pour démentir l’existence de cette version, Zack prouve lui, images à l’appui, le contraire. Les acteurs commencent eux aussi à dire que cette version existe et qu’elle n’a rien a voir avec le film de 2017. Mais à nouveau, les anti Snyder, des gens qui « savent comment on fait des films » contre attaque, cette version n’existe pas, Snyder ment.
Pourtant, en 2020, alors que Snyder tease son film depuis des années, le miracle arrive, HBOmax veut taper fort pour faire parler de son site de streaming, la snyder cut va sortir.

La pub payée par les fans

Zack obtient sa vengeance

Le film sort dans le monde entier en streaming ou bien en VOD, et c’est un carton, 100 000 ventes rien qu’en France. Les serveurs de HBO ne tiennent pas le choc, c’est un raz de marée. Les critiques sont dithyrambique, le film est une tuerie. 4 H magnifique et épique. La Warner qui ne voulait pas entendre parler de la Snyder cut (c’est un choix de HBO max) commence à recevoir le retour de bâton. Pourtant dans leurs grandes conneries, et ne voulant surtout pas reconnaitre leurs fautes, ils décident de pas communiquer sur leurs réseaux. A la place ils préfèrent parler de ce NAVET de Wonder Woman 1984, le pire film DC de l’histoire. Mais Snyder est loin d’être un idiot, il parsème son film de piste pour des suites et refait cramer les réseaux.


Warner a depuis communiqué en la personne de Ann Sarnoff, une personne aussi compétente que Kathleen Kennedy chez Star Wars (et ce n’est pas un compliment). Elle explique gentiment qu’elle ne veut pas entendre parler d’une suite, et qu’il faut plutôt la remercier qu’ils aient acceptés la sortie de la Snyder cut. Ann Sarnoff nous explique que la Warner a une vision et qu’elle est meilleure que celle de Snyder, comme ils nous l’ont prouvés jusqu’à maintenant #ironie.  La Warner ne reconnaitra jamais que, si le DCCU est un gros bordel, c’est surtout à cause de leur choix, fonctionnement autour d’un retour financier rapide.

Bilan de cette histoire, Twitter est capable du meilleur comme du pire et prouve une fois que plus que ce n’est qu’un outil, et c’est à nous de l’utiliser de manière constructive et respectueuse, malheureusement, c’est rarement le propre de l’homme. #RestoreTheSnyderVerse

djekill

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