Code Quantum, pourquoi c’est culte pour moi

Retour vers le passé :

Je viens de me transmuter. Nous sommes dans un salon que je connais bien. En effet, c’est le mien. Je suis donc chez moi. Dans le reflet du miroir, un visage que je n’avais pas vu depuis longtemps. C’est le mien, âgé de 12 ans. Je peux le voir grâce à mes débuts d’acné qui allaient bientôt me pourrir la vie. Nous sommes le soir, un soir de week-end. Nous devons sûrement être un samedi. Ma mère est bien en vie. Elle est assise dans le salon avec mon père. Je me souviens que j’avais le droit, à cet âge-là, de regarder la télé avec eux. Et ce soir-là, j’avais eu la chance de pouvoir vivre un moment en famille. Et un moment dont je me souviendrais plus de 30 ans après.

Je m’installe donc devant la télé avec eux. Et là, une série télé que je voulais absolument voir à l’époque allait commencer. La bande-annonce tournait en boucle sur M6, et je ne savais pas grand-chose dessus, à l’exception du fait que cela parlait de voyage dans le temps, un thème qui me fascinait déjà à l’époque.

Je regarde le journal de mon père et j’y vois la date du jour. Nous sommes le samedi 25 septembre 1993. Et c’est le soir de la diffusion du pilote de 1 h 20 de Code Quantum.

Le grand départ

La série commence dans le futur de 1995 (avec plein de choses qui n’existent toujours pas en 2022). Un homme rentre dans une machine et on comprend très vite qu’il va essayer sa machine sans en avoir l’autorisation. Notre héros se réveille dans la chambre d’une personne qui n’est apparemment pas lui. Il se regarde dans le miroir et ce n’est pas son image qu’il y voit. On comprend très vite qu’il est dans la peau d’une autre personne. En plus de tout cela, il souffre d’amnésie.

Notre héros a l’impression d’avoir des visions, un homme étrangement vêtu et qui a l’air de le connaître fait plusieurs fois son apparition. Enfin cette personne décide de parler à notre héros, toujours totalement perdu (et nous aussi). L’homme s’appelle Al et notre héros s’appelle Sam. C’est un grand scientifique qui a créé le voyage dans le temps. Al est juste un hologramme, une image envoyée à travers le temps pour communiquer avec lui. L’histoire commence enfin à …

« MAIS C’EST QUOI CETTE CONNERIE »

Mon père était aussi perdu que nous à ce moment-là, mais l’explication du voyage dans le temps et de l’hologramme (et son manque d’imagination) lui a fait perdre patience.

« C’EST NUL, on n’y comprend rien, je zappe »

Je me souviens encore de la déception qui était la mienne, je voulais absolument connaître la suite moi. Je me souviens alors de ce que j’avais fait à l’époque.

« Et bien si vous ne voulez pas le voir, je vais le finir dans ma chambre. »

Je retourne donc dans ma chambre et allume ma télé. C’était une télé que l’on m’avait donnée. Elle était en noir et blanc, avec les stations qui se règlent avec un petit tournevis. Je n’en avais rien à faire à l’époque, je voulais juste voir la fin de mon épisode. Mais je savais bien sûr ce qui allait se passer ensuite.

Au bout de plusieurs minutes, mon père hurle :

  • Reviens ici, c’est bon, on va regarder ton truc.

Avait-il changé d’avis, car il n’y avait rien sur les autres chaînes ou est-ce ma mère qui a fait le forcing pour continuer notre soirée en famille ? Je n’en saurai sûrement jamais rien.

Mon père assiste donc à la fin de la première partie de l’épisode sans poser de question. 

À la fin donc, Sam réussi a passé mac 3 et revenir vivant grâce à Al, ancien pilote de l’armée. Une fois au sol, il apprend que la femme de l’homme qu’il remplace va accoucher.

Al à la rescousse de Sam

L’histoire se passe en 1956, la médecine n’est pas au niveau de celle de Sam, diplômé entre autres de médecine. Il réussit à sauver sa femme et se transmute.

Ce n’est pas encore fini :

Il change donc d’époque et de corps pour devenir un joueur de baseball. Il doit tout simplement réussir un tir qui va sauver la carrière de l’homme qu’il remplace. La mémoire commence à revenir à Sam. Il sait que son père est mort d’un cancer, mais qu’il est encore vivant à l’époque où Sam, c’est transmuté, en 1968. Il voudrait l’appeler au téléphone, juste pour entendre sa voix, mais il ne se souvient plus de son nom de famille.

  • Ton nom est Becket, Sam Becket, …… .

Al qui ne devait donner aucune information à Sam, décide de passer outre les ordres.

Sam appelle son père et nous offre une scène incroyablement touchante. En une scène, on comprend ce que va être la série, une série humaine et touchante. L’épisode se finit sur Sam qui a réussi son tir et gagne le match. 

  • D’accord, j’ai compris. À chaque épisode, il va changer d’époque et changer l’histoire des personnages.

Mon père a enfin compris le concept de la série.

Bond dans le futur :

Tiens c’est étrange, je suis toujours au même endroit. Pourtant il y a des changements, ma mère est bientôt à terme et ma maison a changé pour recevoir l’arrivée de mon frère. Je l’avais complètement oublié, mais en septembre 1993 ma mère était enceinte de 3 mois. Je regarde à nouveau le journal de mon père, nous sommes le 4 février 1994. Je viens donc de faire un bond de 5 mois.

Tiens …  Mon frère va naître dans deux semaines.

Le repas de famille va commencer et comme tous les soirs de la semaine, nous mangeons tous en regardant le nouvel épisode de Code Quantum sur M6.

Nous n’avons jamais raté aucun épisode de la série depuis l’année précédente.

Des drames sociaux

Il faut dire que chaque épisode nous faisait voyager dans des époques, mais aussi des styles différents. En effet, l’épisode pouvait être un drame social, celui d’après une comédie, encore celui d’après un film noir. Les acteurs principaux étaient impressionnants. Scott Bakula changeait de personnage à chaque épisode et de facto, sa façon de jouer. Dean Stockwell était aussi incroyablement attachant et jouait également à la perfection. L’alchimie entre les deux acteurs était évidente. Avec le temps et les épisodes, nous avons appris à les connaître, eux et leurs histoires. Même les personnages secondaires, qui changeaient pourtant à chaque épisode, étaient marquants.

Pourtant, ce soir l’épisode est très particulier. En effet, ma famille ne le sait pas encore, mais c’est le dernier.

Dès le début, l’épisode est étrange, Sam arrive dans un bar avec son vrai visage, le jour de sa naissance. Les clients sont tous les gens qu’il a déjà rencontrés depuis le début de son aventure. Au bout d’un moment, on finit par comprendre ce qui se passe, le barman est Dieu. Il lui explique qu’il pouvait rentrer chez lui depuis le début, mais que c’est Sam, dans son for intérieur qui ne voulait pas.

Sam revoit enfin son vrai reflet

Sam demande au barman de le diriger vers un voyage particulier. En effet Al est un homme à femmes, plutôt lubrique. Il a même eu plusieurs mariages. Pourtant, il n’a jamais réussi à oublier sa première femme, Beth, son seul vrai amour. En effet, Al est parti à la guerre du Vietnam et sa femme, le croyant mort, s’est remariée. Sam décide donc de revenir à cette époque pour la prévenir et changer la vie de son meilleur ami.

La série se termine avec ce simple message :

« Beth ne s’est jamais remariée. Elle et Al ont quatre filles et vont fêter leur trente-neuvième anniversaire de mariage en juin. Le Dr Sam Beckett n’est jamais rentré chez lui. »

Le choc pour nous tous autour de la table. Notre réunion familiale autour d’une série qui plaisait à tous (sauf à mon 1er frère qui était trop jeune) venait de se terminer. De manière brusque en plus, digne de la fin de MacGyver. 

Je jette un dernier regard dans la pièce. Ma mère va accoucher dans 15 jours d’un petit garçon qui va s’appeler Emmanuel, Samuel, Jean-Marie. Le second prénom était mon choix, en mémoire de cette série qui avait réussi à nous toucher pendant des mois. 

À la différence de Sam, je suis de retour dans mon salon. Je suis devant mon PC à finir ces quelques mots.

Pourquoi Code Quantum c’est culte ?

À cause de la série elle-même, bien sûr. Des personnages attachants, une amitié évidente aussi bien entre les personnages et les acteurs. Les histoires sont touchantes, mais toujours avec une pointe d’humour. Des messages positifs et une musique culte.

Une alchimie évidente

Mais au-delà de tout ça, il y a l’histoire qu’a vécue ma famille autour de Code Quantum. Une série qui a réuni notre tribu tous les soirs à 19 h pendant toute la grossesse de ma mère. Au point que Sam et Al ont fini, eux aussi, par faire partie de notre famille pour moi.

J’éteins mon écran, me frotte les yeux. Cela fait un moment que j’écris, il est temps pour moi de prendre une pause. Je regarde vite fait les notifications de mon téléphone quand je bloque sur une news : La suite de Code Quantum vient de sortir aux US.

J’en avais entendu parler il y a plusieurs mois. J’avoue que j’étais content de l’orientation de la série. Ne pas faire un reboot, mais une suite. Prendre en compte la fin de la série originale pour relancer une nouvelle histoire. De plus le défaut qu’avait la série originale pour moi était les époques visitées. Les années 50 aux années 80 des États-Unis ne font absolument pas partie de mon histoire et ne font pas appel à ma nostalgie. Je me suis dit que la série pourrait enfin reprendre les 40 dernières années, qui font, elles, parties de mon histoire. Cela pourrait justifier pour une fois, l’utilisation de la nostalgie. 

Je me suis dit que je pourrais faire vivre à mon fils ce que j’avais vécu avec la série originale, dont les époques parlaient plus à mes parents qu’à moi.

J’ai téléchargé le 1er épisode et 45 minutes après je peux le dire, la douche fut froide.

La série résumée en une scène

djekill

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