Tu accuses à tort, et nous faisons tous pareil (l’instinct du blâme)

Il y a quatre mois, je t’ai parlé du livre Factfulness. Je t’avais promis que nous continuerions à explorer les différents instincts mentionnés dans le livre. Aujourd’hui, nous allons aborder l’instinct du blâme, ainsi que notre tendance à refuser un avis divergent, juste pour éviter de nous sentir coupable.

 

Qu’est-ce que l’instinct du blâme ?

Dans le livre Factfulness, l’instinct du blâme est décrit comme la tendance humaine à chercher un coupable unique pour expliquer un problème complexe. Au lieu de reconnaître que les problèmes résultent souvent de plusieurs facteurs interconnectés, nous avons tendance à simplifier les choses en blâmant une personne ou un groupe spécifique. Cette simplification peut nous empêcher de comprendre véritablement une situation et de trouver des solutions efficaces.

 

Quelques exemples :

Prenons le changement climatique. Il est facile de blâmer uniquement les grandes entreprises polluantes ou les gouvernements qui ne mettent pas en place des régulations environnementales strictes. Cependant, la réalité est beaucoup plus complexe. Le changement climatique est influencé par une multitude de facteurs, y compris le comportement des consommateurs individuels, les politiques gouvernementales, les pratiques industrielles, et même les phénomènes naturels. En cherchant à simplifier le problème et en désignant un seul coupable, nous manquons de comprendre la complexité de la situation et cela peut nous empêcher de trouver des solutions efficaces et durables.

Prenons un autre exemple : l’échec scolaire. Il est souvent plus simple et plus rapide de blâmer un seul facteur, comme l’enseignant, l’élève lui-même ou le système éducatif. Cependant, l’échec scolaire est un problème complexe qui peut être influencé par une multitude de facteurs, y compris le milieu socio-économique de l’élève, son environnement familial, sa santé physique et mentale, ainsi que la qualité de l’enseignement et le soutien reçu à l’école. En cherchant un seul coupable, nous négligeons la nature complexe du problème et nous nous privons de la possibilité de trouver une solution complète et efficace.

échec scolaire instinct
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Connais-tu Philippe Semmelweis ?

Ignace Philippe Semmelweis était un médecin obstétricien hongrois du 19ᵉ siècle. En travaillant à la maternité de Vienne, il a remarqué un taux de mortalité élevé parmi les femmes qui accouchaient à l’hôpital, causé par la fièvre puerpérale. Semmelweis a observé que le taux de mortalité était plus faible dans la division de l’hôpital où les sage-femmes, et non les médecins, assistaient les femmes pendant l’accouchement. Il a remarqué que contrairement aux médecins, les sage-femmes ne pratiquaient pas d’autopsies et n’entraient pas en contact avec les cadavres.

Semmelweis a émis l’hypothèse que les médecins transportaient des « particules cadavériques » des salles d’autopsie aux salles d’accouchement sur leurs mains. Il a introduit une mesure obligatoire de se laver les mains à la chaux chlorée avant d’assister à un accouchement, ce qui a entraîné une chute spectaculaire du taux de mortalité.

Image wikipedia

 

 

Nous avons besoin de coupables, et si possible, pas nous :

Cependant, malgré les preuves, les idées de Semmelweis ont été largement rejetées par la communauté médicale de l’époque. Il a été ridiculisé et ostracisé par ses pairs, et a finalement perdu son poste à l’hôpital. En dépit du rejet de sa théorie, Semmelweis a continué à défendre l’importance de l’hygiène des mains jusqu’à sa mort.

Aujourd’hui, Semmelweis est considéré comme le « sauveur des mères » et est reconnu comme l’un des premiers défenseurs de l’hygiène médicale. Son histoire est un exemple tragique de l’effet Semmelweis, une métaphore de la résistance de la société à adopter de nouvelles connaissances qui contredisent les croyances établies.

Il y a aussi un autre problème avec la réaction des médecins. Comme vu à propos de l’instinct du blâme, nous avons besoin de trouver un coupable, c’est plus facile de trouver un responsable et lui faire endosser toutes les responsabilités. Et ici, nous avons un cas typique. En effet, si les médecins de l’époque refusaient aussi de considérer que Semmelweis puisse avoir raison, c’est aussi, car cela les rendrait coupables de meurtre. Et pour un médecin qui a voué sa vie à sauver les autres, c’est inconcevable.

Pourtant s’ils avaient accepté la situation, ils se seraient rendu compte qu’ils ne sont pas les seuls responsables. C’est à nouveau un ensemble de choix et d’habitude, de procédure et de croissance qui a amené à cette situation.

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Encore un coup de notre cerveau

Une fois de plus, le responsable de l’instinct du blâme est notre cerveau. L’humain ne supporte pas l’incertitude. Il ne supporte pas non plus de ne pas avoir de responsable clair à un problème. Si une chose est problématique, c’est qu’il y a un responsable. Comme nous avons déjà vu sur mon article Factfulness ou ne pas voir les choses dans leurs ensembles, notre cerveau gère trop de chose et a besoin pour se reposer d’automatisme de simplicité. Alors pour lui, Macron est responsable de la situation de la France, les étrangers sont responsables de la violence, les grosses sociétés sont responsables de la pollution….

 

Mon exemple de parent

En tant que parent, il faut accepter de recevoir des remarques et des critiques fréquemment. Une chose qui revient souvent, en particulier chez les grands-parents, est de chercher à attribuer la responsabilité de l’attitude d’un enfant.

« Il est peureux, il tient de qui ? »

« Elle est têtue, c’est de la mère »

« C’est un rêveur, ça, c’est du père »

Souvent, les gens préfèrent chercher un responsable à un problème qui n’en est pas un. Un enfant a sa propre personnalité, même s’il est le mélange de l’ADN des deux parents, il n’y a donc pas besoin de chercher un responsable pour sa personnalité. Pourtant, c’est une chose que font fréquemment gens.

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Quelles sont les solutions ?

Pour éviter d’être victime de l’instinct de blâme, il existe plusieurs stratégies. Premièrement, nous devons nous rappeler que les problèmes sont généralement complexes et résultent de nombreux facteurs interconnectés. Il faut résister à l’envie de simplifier en blâmant une seule personne ou un groupe. Deuxièmement, nous devons nous efforcer de comprendre les différentes perspectives et considérer tous les facteurs avant de tirer des conclusions. Troisièmement, nous devons être prêts à accepter que nous puissions nous tromper et être ouverts à changer d’avis lorsque de nouvelles informations sont disponibles. Enfin, nous devons être conscients de nos propres préjugés et chercher activement à les contrer. En adoptant une approche plus nuancée et réfléchie, nous pouvons éviter de tomber dans le piège de l’instinct du blâme et améliorer notre capacité à comprendre et résoudre les problèmes.

 

Pour conclure

Comme nous l’avons déjà vu, tout le monde est impacté par un instinct comme celui du blâme, c’est humain. À nous de combattre les réactions de notre cerveau en nous disant simplement que si la solution à un problème ne se résumait qu’à un seul coupable, le problème serait résolu depuis longtemps.

Nous nous retrouverons bientôt pour parler d’un nouvel instinct et essayer de comprendre quel mauvais coup peut encore nous faire notre cerveau.

Prends soin de toi et de tes proches, à très bientôt.

 

 

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djekill

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